Bruxelles/Lausanne - Regards croisés - 0/10
Bruxelles/Lausanne : regards croisés sur l'arbre urbain
Plantons le décor de cette série : Bruxelles perd de son vert. Les chiffres publiés par Bruxelles Environnement indiquent qu’actuellement un peu moins de la moitié de la Région est encore couverte de végétation, avec une couverture estimée à 49% en 2023 contre 55% en 2016 et un taux d’imperméabilisation des sols, quant à lui, qui est passé de 40% en 1993 à 53% en 2022. Nos arbres de l'espace public sont aux soins d'équipes passionnées qui accomplissent un travail remarquable, et ce, malgré des moyens qui s'assèchent dangereusement. Ces professionnels méritent tout notre respect.
Suite aux épisodes caniculaires de l'été 2026, une prise de conscience semble enfin bourgeonner au niveau régional quant à l'urgence d'adapter notre ville au changement climatique. Sans ignorer les projets déjà enracinés chez nous ou en cours de planification, cette série d'articles se veut inspiration. J'ai choisi de croiser mon regard de bruxelloise avec celui de Lausanne, car la ville suisse s'appuie sur le terreau législatif du canton de Vaud, pionnier en matière de protection du patrimoine arboré. Elle n’est pas la seule, ni en Suisse ni ailleurs : Genève, Lyon, Paris, Berlin, Vienne, Utrecht et bien d’autres ne manquent pas d’initiatives ni d’idées. Mais Lausanne dispose d’une des législations les plus strictes et les plus cohérentes, en la matière et a renforcé ses objectifs environnementaux en 2026. Elle me semble donc intéressante comme boussole, comme repère de bonnes pratiques, même si son cadre institutionnel est différent. L'ambition de ces capsules est donc de semer quelques graines d'inspiration venues de Suisse et de susciter la créativité à Bruxelles
Avant de planter, il faut, en toute première intention préserver l’existant, puisqu’un arbre met à minima 15 ans avant de déployer tous ses charmes. Il faut aussi faire confiance aux acteurs de terrain, les citoyens et les équipes qui prennent soin des arbres. Gageons que ces idées trouveront dans nos institutions bruxelloises, qu’elles soient régionales ou communales, un terreau fertile pour s'enraciner, s'épanouir et garantir durablement l'avenir de nos arbres.
Cette série présente des constats et des pistes de solutions pour Bruxelles. Elle reste une perspective informée (autant que faire se peut), peut-être candide, radicale, originale, convenue… tout cela à la fois. Une perspective citoyenne destinée à faire réfléchir, à faire bouger les lignes, à susciter le débat, à ouvrir des pistes permettant d’embrasser un vaste ensemble de besoins et d’orienter la fabrique de la ville vers l’adaptation au vivant. Visible et invisible. Pour penser la ville autour de l’indissociable matrice « Sol - Eau - Végétal » qui est celle de la vie.
Anne Bonew (POWER4trees) – avec l’éclairage précieux d’Annick Chevillot, Simon De Muynck, Allan Wei, du Tuiniers Forum des Jardiniers, de Bruxelles Nature, de Help4Trees et des fonctionnaires de terrain passionnés et engagés que j’ai rencontrés au cours de cette enquête, ils se reconnaîtront.
>>>Épisode suivant : Depuis 2010, la Région bruxelloise voit disparaître ses arbres par milliers. À Lausanne, c’est l’inverse : la ville se veut ville-forêt et protège ses arbres comme son patrimoine.>>>
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