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Publié par Anne Bonew

Bruxelles/Lausanne - Regards croisés - 10/10

Des pépites qui ne demandent qu’à être déployées

Posture claire et ferme, engagement cohérent et à long terme : Lausanne montre la voie pour protéger ses arbres et favoriser la cohabitation du vivant en ville. La Région de Bruxelles-Capitale ne s’est pas (encore) donné un tel cap : les arbres bruxellois doivent compter sur la bonne volonté des fonctionnaires communaux et régionaux pour insuffler et maintenir une dynamique de coopération et tenter de dégager des orientations claires. Même si cette volonté existe bel et bien au sein de l'administration, elle peine à trouver le soutien nécessaire aux échelons de pouvoir supérieurs.

C’est regrettable, car certaines initiatives nées au sein de ses silos institutionnels existent déjà et ont un potentiel d’impact énorme. Elles mériteraient d’être déployées avec conviction à travers les 19 communes bruxelloises.

  1. Enregistrer tous les arbres des voiries communales dans la base de données des impétrant CCL-KLIM : cela leur conférerait directement une protection formelle lors de travaux de voirie. Les communes qui disposent déjà d’un inventaire géolocalisé pourraient agir ainsi rapidement et efficacement en ce sens.
     
  2. Imposer l’utilisation règlement technique de protection des arbres lors de chantier (R5) à toutes les communes : un arbre, qu’il soit géré par la Région ou par un commune a strictement les mêmes besoins de protection. Le règlement technique de protection des arbres lors de travaux de voirie rédigé par Bruxelles Mobilité peut donc être déployé sans attendre et avec caractère obligatoire, à travers toute la Région. Il pourrait même être diffusé aux particuliers dans une version simplifiée.
     
  3. Harmoniser les données d’identification des arbres reprises dans les inventaires communaux et créer un inventaire régional : de nombreuses communes procèdent à l’inventaire de leurs arbres. Elles procèdent en faisant appel à des fournisseurs différents. Ne devrait-il pas y avoir un tronc commun de données minimales à récolter de façon harmonisée sur l’ensemble du territoire ? Et verser le tout dans une application régionale ?
     
  4. Mutualiser les données : la plupart des responsables arbres des communes bruxelloises y sont favorables pourvu que les validations politiques (régionales et/ou communales) suivent. 
     
  5. Généraliser l’adoption d’un cahier des charges régional commun pour les travaux liés aux arbres.
     
  6. Généraliser la présence de professionnels certifiés European Tree Technician et European Tree Worker dans les acteurs soumissionnaires mais aussi au niveau des communes/région.
Bruxelles/Lausanne - Regards croisés - 10/10

En ces temps de disette budgétaire, l’état d’esprit doit prioritairement être celui d’une mutualisation des ressources. Inutile de réinventer la roue : ces outils existent, ils sont bien ficelés et pertinents.

Il ne faut pas se contenter de les diffuser : ces bonnes pratiques doivent être adoptées avec résolution. Il faut qu’une partie des subsides communaux soit subordonnée à la mise en œuvre de ces outils.

Sans cela, l’intention de la Région de Bruxelles-Capitale en matière de protection de son patrimoine arboré et de ses sols vivants, à force d'être saupoudrée, se dilue dans le quotidien. A quand l'appropriation de cette question de survie par le politique ?

>>> Épisode suivant (bonus) : quelques pistes pour aller plus loin. >>>

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