72.000 arbres de haute tige condamnés en 15 ans - HELP4Trees interpelle le Parlement bruxellois
La protection effective des arbres reste fragmentée, nébuleuse et mal prise en charge à l’échelle régionale. Dès lors, le collectif citoyen Help4Trees interpelle le Parlement le 8 juillet à 9h00 en Commission de l’Environnement et de l’Énergie.
Bruxelles, le 5 juillet 2026 — COMMUNIQUE DE PRESSE
Le 8 juillet prochain à 09h00 au Parlement bruxellois, le collectif citoyen HELP4Trees fera entendre la voix d’un patrimoine arboré qui recule, année après année, victime des abattages, de l’artificialisation des sols et d’une politique tout aussi inefficace que désorganisée face à l’urgence climatique. Le collectif, porté par les 1.009 signataires de sa pétition, présentera le débat avec une demande claire, assortie de propositions précises afin que le patrimoine arboré ne soit plus traité comme une variable d’ajustement. Face aux récentes déclarations promulguées durant les épisodes caniculaires en faveur des nombreux bénéfices offerts par les arbres, nous sommes en droit de nous interroger sur les octrois frénétiques de permis d’abattage. Ceci sans aucune vision régionale globale et cohérente, ni pilotage transparent. Après des années d’alerte, HELP4Trees, dans le sillage d’autres mouvements citoyens, demande aux autorités de passer enfin des intentions aux actes.
Depuis 2010, au moins 72.450 arbres de haute tige ont été condamnés en 15 ans (2010 ~ 2025) suite à des permis d’abattage délivrés en Région bruxelloise, hors Forêt de Soignes et hors abattages illégaux. Une moyenne annuelle de 3.800 arbres. Ce chiffre comptabilise exclusivement les permis “octroyés” issus de la base de données openpermits. En date du 1 juillet 2026, 636 arbres supplémentaires sont condamnés à l’abattage suite à la délivrance d’un permis, 1.067 sont visés par de nouvelles demandes s’ajoutant aux 2.140 arbres encore à l’instruction depuis 2025. Soit donc à ce jour, un total de 3.207 arbres en danger. (source: base de données openpermits publiée par Urban.brussels)
Encore plus interpellant, l’analyse effectuée par le collectif révèle que 70% des abattages concernent des projets publics ou parapublics. La pression sur le patrimoine arboré bruxellois procède donc essentiellement de choix politiques insuffisamment arbitrés, disparates et pris bien trop souvent aveuglément au détriment des arbres matures ainsi que d’une vision de long terme (voir chiffres-clés ci-dessous).
Les chiffres de Bruxelles Environnement indiquent qu’un peu moins de la moitié de la Région est couverte de végétation, avec une couverture estimée à 49 % en 2023, contre 55 % en 2016. D'autre part, le taux d’imperméabilisation est passé de 40 % en 1993 à 53 % en 2022 (IBSA,voir tableau 12.1.3.2).
Ces chiffres interpellent car en cette période de fortes chaleurs estivales de nombreux élus bruxellois (majorité comme opposition) appellent à davantage de fraîcheur urbaine au moment même où la végétation recule et les sols se bétonnent. Alors que, de son côté, Sciensano annonce un taux de surmortalité de 39%, affectant principalement les agglomérations. Pour Help4trees cette contradiction n’est plus tenable.
Outre la contradiction, le débat public entretient un biais cognitif en se concentrant majoritairement sur ce qu’il faudrait planter, aménager, construire ou compenser, beaucoup moins sur ce qu’il faut cesser d’abattre et impérativement préserver en toute première intention.
HELP4Trees rappelle que l’Ordonnance Nature qui est l’une des législations les plus complètes d’Europe, à force d’être dérogée, ne remplit pas son objectif si elle offre un laissez- passer à l’érosion du patrimoine arboré. D’autre part , le jugement We Are Nature (moratoire protégeant les terrains non bâtis de plus de 0,5 hectare prononcé le 29 octobre 2025) n’est pas respecté par la Région. Enfin, la motion d’urgence climatique entérinée par les 19 communes en 2019 n’a aucun effet contraignant et se décline de façon variable d’une commune à l’autre.
Quand la canopée disparaît et les sols vivants reculent, le problème n’est pas l’absence de règles, mais leur manque d’application. Pour le collectif, cette situation révèle un décalage profond entre le droit, les discours et la réalité du terrain, trahissant un manque criant de mise en œuvre ferme, lisible, suivie et cohérente, c'est-à-dire : l’absence d’une véritable volonté politique de protection de notre environnement et habitat.
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Services écologiques rendus par les arbres urbains |
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Séquestration du carbone + Qualité de l’air + Régulation thermique + Régulation hydrique + Protection des sols + Réduction du bruit + Biodiversité + Valeur paysagère + Bien-être et récréation + Valeur culturelle et patrimoniale |
Pendant que les institutions se dispersent, les citoyens documentent, alertent, se mobilisent et, parfois, sauvent ce qui peut encore l’être.
Plus d’une centaine de collectifs sont actifs dans la Région depuis des décennies pour préserver sa végétation et ses sols vivants. Depuis plus de vingt ans des habitants et lanceurs d’alerte signalent l’érosion du patrimoine arboré bruxellois : feu André Robe, le Tuiniers Forum de Jardiniers, Natabru, Inter-Environnement Bruxelles, BRAL, Bruxelles Nature et tant d’autres aux niveaux local et régional : inlassablement, ces citoyens, premiers concernés et experts du terrain, répètent l’importance de préserver les sols vivants et les arbres qui les habitent (voir le dossier Arbres publié par Inter-Environnement en juin 2023).
HELP4Trees s’inscrit dans cette continuité et demande aujourd’hui à l’ensemble du monde politique de cesser de traiter cet appel vigilant comme un bruit de fond, en lui reconnaissant sa légitimité d’être un rappel persévérant à l’intérêt général.
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L’illusion des plantations compensatoires |
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Remplacer cent grands arbres par cent jeunes plants ne répare pas la perte. Cela crée au contraire un vide fonctionnel de plusieurs décennies pour l’ombrage, le rafraîchissement, la canopée, les cavités, les écorces âgées, le bois mort et l’habitat qu’offrent les arbres matures. Il faut a minima 15 ans pour qu’un arbre adulte restitue ses services écosystémiques (à condition qu’il survive). Une perte immédiate et certaine ne peut donc pas être présentée sérieusement comme compensée par un bénéfice futur, tardif et hypothétique. |
Help4Trees invite les citoyens, les journalistes et les élus à assister à l’interpellation parlementaire du 8 juillet 2026 à 9h00, en Commission de l’Environnement, salle 206 du Parlement bruxellois ou sur la chaîne YouTube du parlement bruxellois.
À Bruxelles, la question n’est plus de savoir si les arbres sont utiles, tout le monde en convient désormais. La seule question qui demeure est :”Quand la Région traitera-t-elle les arbres comme un patrimoine vivant indispensable à préserver et non comme une vague promesse?
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