HELP4Trees. Après la pétition, l'interpellation (texte complet)
COLLECTIF CITOYEN
HELP4TREES
AUDITION
COMMISSION ENVIRONNEMENT
& ÉNERGIE
Pétition pour Préserver d’urgence
notre patrimoine arboré
en Région de
Bruxelles-Capitale
20 MINUTES
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Députés,
Nous vous remercions de nous donner la parole. Nous nous présentons ce jour devant votre assemblée au nom du collectif citoyen Help4Trees actif dans la sensibilisation et la préser-vation du patrimoine arboré en Région de Bruxelles-Capitale. Notre collectif entend porter la voix d’un patrimoine arboré qui recule, année après année, victime d’abattages excessifs, d’ artificialisation des sols tout autant que d’une politique déstructurée.
Notre pétition, soutenue par 1009 signataires ainsi que de nombreux collectifs de terrain actifs en matière environnementale, a pour objectif de vous interpeller face à notre constat alarmant puisque sans aucune équivoque notre patrimoine arboré disparaît. Cette disparition impacte directement la santé publique, la biodiversité, la gestion de l’eau, la qualité de vie ainsi que la résilience de notre territoire. En ce sens, aujourd’hui notre message est clair : il ne s’agit plus d’un sujet marginal, ni d’une question esthétique, mais bel et bien d’une question politique majeure qui touche au vivant, à l’espace public, à l’équité territoriale et à la capacité même de Bruxelles à faire face aux crises climatiques et environnementales. Face à ce constat, nous souhaitons à présent tant des décisions que des actes effectifs qui se traduisent dans la mise en place de mesures concrètes à effets immédiats.
CONSTAT DE TERRAIN - PROBLÉMATIQUE
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Face aux récentes déclarations promulguées durant les épisodes caniculaires en faveur des nombreux bénéfices offerts par les arbres, nous sommes en droit de nous interroger sur les octrois frénétiques de permis d’abattages. Sur le terrain, les habitants et les collectifs observent la multiplication des abattages, une artificialisation continue des sols et une fragmentation des espaces verts, dans un contexte où les procédures, les compétences et les responsabilités se dispersent entre plusieurs niveaux et acteurs. Le problème résidant dans l’accumulation, année après année, d’une logique qui réduit la place de l’arbre dans la ville et qui fragilise le maillage vert, alors même que nous savons que les arbres sont des infrastructures vivan-tes essentielles.
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La problématique de l’ampleur des abattages fut appréhendée par l’analyse des données disponibles dans la base de données Openpermits publiées par le service de l’urbanisme de la région. Notre analyse révèle que depuis 2010, 72.450 arbres de haute tige ont été admis à l’abattage, hors gestion de la Forêt de Soignes. Ceci représente donc une moyenne annuelle de 3.800 arbres sur 16 ans, ces chiffres comptabilisant uniquement les permis sous la catégorie « octroyés ». Ils ne tiennent pas compte des abattages illégaux, ainsi que des abattages d’arbres de courtes tiges, eux non soumis à la délivrance d’un permis.
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En date du 1er juillet 2026, 636 permis d’abattage supplémentaires ont été délivrés, 1.067 sont visés par de nouvelles demandes qui s’ajoutent aux 2.140 encore à l’instruction depuis 2025. Soit donc à ce jour, un total de 3.207 arbres additionnels en danger
(source :base de données openpermits publiée par Urban.brussels).
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Encore plus interpellant, notre analyse révèle que 70% de ces abattages concernent des projets publics ou parapublics. La pression sur le patrimoine arboré bruxellois procède donc essentiellement de choix politiques insuffisamment arbitrés, pris bien trop souvent en l’absence de vision globale et de long terme. Car pour rappel, abattre un arbre équivaut à se priver immédiatement, brutalement et durablement de tous ses bénéfices, à savoir notamment : le stockage de 25kg de carbone par an/par arbre ; la production de 10kg d’oxygène par jour/par arbre.
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Les arbres qui disparaissent c’est aussi l’imperméabilisation croissante des sols et une perte de biodiversité. Les chiffres publiés par Bruxelles Environnement indiquent qu’actuellement un peu moins de la moitié de la Région est encore couverte de végétation, avec une couverture estimée à 49% en 2023 contre 55% en 2016 et un taux d’imperméabilisation des sols, quant à lui, qui est passé de 40% en 1993 à 53% en 2022. (source : https://ibsa.brussels/themes/environnement-et-energie/environnement-et-territoire)
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Si 70% des arbres condamnés le sont à la demande de projets publics ou parapublics, 80% des abattages octroyés concernent 4 motifs principaux - projets privés et publics confondus- à savoir : l’aménagement des espaces publics, la gestion des espaces verts, les projets liés au logement et des raisons de sécurité publique. Sur ce dernier point, seuls 11% des arbres con-damnés le sont pour des raisons phytosanitaires ou sécuritaires. Ce chiffre laisse donc penser que notre patrimoine arboré est en très bonne santé, contrairement à certains arguments par-fois avancés pour justifier les demandes d’abattages (source : notre analyse des données open-permits)
CONSÉQUENCES POUR LE CITOYEN - EFFETS CONCRETS
Ces chiffres interpellent particulièrement en cette période de fortes chaleurs estivales, alors que de nombreux élus bruxellois, de la majorité comme de l’opposition, appellent à davantage de fraîcheur urbaine au moment même où la végétation recule et les sols se bétonnent. Alors que de son côté Sciensano annonce un taux de surmortalité de 39% ayant affecté principalement les agglomérations entre les 18 et 29 juin derniers. Pour Help4Trees, cette contradiction n’est plus tenable.
Cette détérioration du couvert arboré produit au moins quatre effets majeurs :
- tout d’abord, elle aggrave les risques sur la sécurité publique ainsi que la santé tant mentale que physique de la population ; elle augmente les îlots de chaleur en ville en faisant disparaître les zones d’ombre ; elle produit une baisse du confort urbain tant en été qu’en hiver où la circulation des vents froids est accrue, tout comme une dégradation du cadre de vie ainsi que de la qualité de l’air ;
- cette détérioration du couvert arboré accentue les problèmes environnementaux engendrés par le déficit des services écosystémiques rendus par les arbres. Parmi ces problèmes on recense l’imperméabilisation des sols, les problèmes de ruissellement et d’évacuation des eaux de pluie ainsi que la limitation du processus d’évapotranspiration généré par l’arbre, qui produit entre autres de la fraîcheur en été;
- cette détérioration affaiblit également le maillage vert indispensable au maintien de la biodiversité en ville, en réduisant les continuités écologiques indispensables à l’habitat tant de la faune que de la flore ;
- pour finir, elle nourrit un sentiment d’impuissance citoyenne, puisque les habitants voient les alertes se multiplier sans réelles réponses pertinentes, proportionnées, coordonnées et durables.
LES TEXTES ET OUTILS EXISTANTS - BLOCAGES ACTUELS
Nous reconnaissons bien entendu l’existence d’initiatives, de plans et d’outils. Mais sur le terrain, le constat reste celui d’une gestion morcelée, souvent lente, parfois incohérente, et trop rarement à la hauteur de l’urgence. Et c’est précisément là que réside le problème : il ne suffit pas d’afficher des objectifs. Il faut des mécanismes clairs, des obligations effectives, des contrôles, des sanctions lorsque nécessaire et un suivi public des résultats. Autrement dit, sans cadre juridique robuste et sans pilotage politique cohérent, les bonnes intentions restent sans effet durable.
Pourtant les textes et les outils existent :
- Nous tenons à rappeler que l’Ordonnance Nature, qui rassemble dans un seul texte les différentes réglementations liées à la protection de la nature, constitue une base légale pour la mise en place des divers plans nature. Elle est l’une des législations les plus complètes en Europe. Mais à force d’être dérogée, elle ne remplit pas son objectif de protection contre l’érosion du patrimoine arboré; (https://environnement.brussels/citoyen/reglementation-et-inspection/obligations-et-autorisations/legislation-relative-la-conservation-de-la-nature-en-region-de-bruxelles-capitale).
- S’y ajoutent des éléments additionnels que nous n’aurons pas le temps de développer en détail aujourd’hui, mais pour lesquels nous vous renvoyons à l’annexe ci-jointe. Ils peuvent cependant être rapidement énumérés:
- Le Réseau écologique européen NATURA 2000 (Directive Oiseaux et Directive Habitats) au niveau régional bruxellois (https://environnement.brussels/citoyen/reglementation-et-inspection/obligations-et-autorisations/legislation-relative-la-conservation-de-la-nature-en-region-de-bruxelles-capitale)
- L’Avis du Conseil supérieur bruxellois de la conservation de la nature (CSBCN) au Ministre de tutelle ainsi qu’au Gouvernement bruxellois sur toutes les questions relatives à la conservation de la nature (https://environnement.brussels/pro/nos-actions/plans-et-politiques-regionales/le-conseil-superieur-bruxellois-de-la-conservation-de-la-nature-csbcn)
- Le Plan Nature, qui est lui aussi une mise en œuvre de l’Ordonnance Nature (https://environnement.brussels/sites/default/files/user_files/prog_20160414_naplan_fr.pdf)
- Le Plan de gestion de l’eau (GIEP) (https://environnement.brussels/sites/default/files/user_files/resume_non_technique_pge_fr.pdf)
- Le Plan de stratégie Good Soil adopté en vue de protéger et améliorer les sols bruxellois (https://alfresco.environnement.brussels/share/s/NorLCdisSAqfcdtzJwzRyQ)
- L’inventaire du Patrimoine culturel établi par la Direction du Patrimoine culturel chez URBAN recense les arbres remarquables de la capitale (https://sites.heritage.brussels/)
- Certains plans communaux ont établi une Charte de l’arbre (Ixelles, Bruxelles ville)
- La Motion d’urgence climatique et environnementale adoptée à l’unanimité par l’ensemble des 19 communes
- Le Plan régional d’Affectation du Sol – PRAS https://perspective.brussels/fr/outils-de-planification/plans-et-programmes-dinitiative-regionale/pras
- Le CoBat - code Bruxellois de l’Aménagement du territoire - dont les articles 2,3 et 4 n’ont aucune application effective sur le terrain. Il n’y a pas encore eu de rapportage comme requis. https://perspective.brussels/fr/outils-de-planification/code-bruxellois-de-lamenagement-du-territoire-cobat
- Un arsenal légal existe, comprenant la Protection trentenaire, le code rural, le code civil ;
- Pour finir, la décision de Justice rendue le 29 octobre 2025 par le Tribunal de Première Instance dans le dossier qui opposait le collectif citoyen We Are Nature à la Région bruxelloise, décision qui impose un moratoire protégeant les terrains non bâtis d’une surface supérieure à 0,5 hectare, jusque fin 2026, n’est pas respectée actuellement par la Région.
Quand la canopée et les sols vivants reculent, le problème n’est pas l’absence de règles, mais leur manque d’application. Pour Help4Trees, cette situation révèle donc un décalage profond entre le droit, les discours et la réalité du terrain, trahissant un manque criant de mise en œuvre ferme, lisible, suivie et cohérente, c.-à-d. l’absence d’une véritable volonté politique de protection de notre environnement et de notre habitat.
Obstacle 1 - L’absence de transparence : 22 institutions différentes sont en charge des arbres bruxellois : les 19 communes, Bruxelles Mobilité, Bruxelles Environnement et Urban pour les arbres remarquables (concernant leur statut car les soins qui y sont apportés sont eux assurés par les Communes ou Bruxelles Environnement). La Région ne publie pas de tableau de bord consolidé permettant un suivi en continu et lisible des abattages, des compensations, des plantations ainsi que l’évolution réelle du patrimoine arboré. À l’inverse, d’autres villes (Paris, Lausanne, par exemple) qui publient des données plus complètes et plus lisibles pour le public.
Enfin, 77 % des abattages ont lieu en l’absence d’enquête publique.
Obstacle 2 - La fragmentation des compétences. Suivons le parcours d’un citoyen qui s’inquiète d’un arbre dans son quartier. Il va logiquement contacter sa commune pour poser ses questions. A partir de là, tout va se compliquer ; si l’arbre est géré par Bruxelles Mobilité ou Bruxelles Environnement ou Urban, c’est à ces institutions qu’il devra s’adresser. (Il est en effet fort rare que les communes prennent elles-mêmes ce relai en charge.) Si l’arbre est géré par sa Commune, le citoyen a de la chance. Mais, s’il doit s’adresser aux institutions régionales, c’est un parcours du combattant de longue haleine pour obtenir le moindre renseignement. Cette fragmentation des responsabilités est non seulement décourageante, elle met littéralement le patrimoine arboré en danger.
Obstacle 3 - Le manque de coordination. Exemple concret : la Commune d’Uccle inventorie ses arbres communaux avec minutie et implémente une politique de 1 arbre abattu – 1 arbre planté. Pour la période 2015-2023 : 4.969 replantations contre 4.129 coupes. Bilan positif. Au niveau communal. Pourtant, sur la même période, ce sont 12.780 arbres qui ont été condamnés à Uccle. La différence (soit 60%) sont des coupes liées à des projets régionaux sur lesquels la Commune n’a pas de prise. Résultat : perte de couverture arborée de 8 % entre 2016 et 2023. Les Ucclois subissent la situation dans l’incompréhension. C’est ça, la réalité du terrain vécue d’une perspective citoyenne.
Obstacle 4 - la question de la replantation. Outre les contradictions, le débat public entretient un biais cognitif en se concentrant majoritairement sur ce qu’il faudrait planter, aménager, construire ou compenser, beaucoup moins sur ce qu’il faut cesser d’abattre et impérativement préserver en toute première intention. Les plantations compensatoires ne peuvent être considérées comme équivalentes car il faut à minima 15 ans voir plus, pour qu’un arbre adulte restitue ses services écologiques, à condition d’ailleurs qu’il survive. Abattre un arbre de haute tige c’est donc une perte immédiate et définitive qui ne peut être présentée sérieusement comme étant compensée par un bénéfice futur, qui interviendra dans le meilleur des cas tardivement et de façon hypothétique. D’autre part, les plantations compensatoires tant mentionnées dans les permis d’abattages que sur base d’initiatives indépendantes, restent quantitativement limitées – et peu contrôlées - en regard du nombre d’abattages recensés.
NOS DEMANDES ET QUESTIONS
Dès que l’on s’intéresse à la question des arbres bruxellois, on se heurte à l’écueil suivant : l’absence d’une vision globale consolidée et complète autour du patrimoine arboré à l’échelle régionale. Les données publiquement disponibles ne couvrant qu’une partie des réalités :
Quelles données publiques sont accessibles ?
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les demandes d’abattages soumises à permis d’urbanisme ;
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les cartes de Bruxelles Environnement offrant des vues d’ensemble, reflétant l’état le plus récent des territoires sans en montrer les évolutions dans le temps ;
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les inventaires de Bruxelles Mobilité, de Bruxelles Environnement et de certaines communes (à condition de savoir naviguer le portail de données géodata > on ne peut pas dire qu’elles sont accessibles au grand public)
Quelles données nous manquent ?
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il n’existe pas de base de données coordonnées reprenant l’ensemble des arbres vivants sur le sol bruxellois ainsi que leur suivi dans le temps ;
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il n’y a pas d’estimation publiée concernant les abattages illégaux ;
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ni de données publiques sur les abattages liés aux contrats de gestion ;
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aucune donnée coordonnée sur les plantations ;
Faute de transparence, l’action des pouvoirs publics reste donc difficile à apprécier, à moins que ça ne soit l’absence de vision régionale qui plonge le citoyen dans le flou lorsqu’il s’interroge sur les arbres de son quartier, de sa commune ou de sa région ?
Les exemples de réussite
Pourtant les exemples de villes qui ont pris la gestion coordonnée de leurs arbres à bras le corps existent : Londres, Lausanne, Genève, Paris, Vienne, Berlin, etc.
NOS DEMANDES SONT LES SUIVANTES
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Nous demandons donc aujourd’hui tout d’abord une reconnaissance sans équivoque de l’urgence arborée en Région bruxelloise, avec des objectifs chiffrés, publics et vérifiables ainsi qu’une gestion respectueuse du patrimoine arboré qui soit en priorité axée sur la préservation et l’élaboration d’un inventaire détaillé avec suivi des arbres ;
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Nous demandons ensuite une simplification et une meilleure articulation des outils existants, afin que la protection des arbres ne dépende plus d’une « lasagne administrative » difficile à lire pour les citoyens comme pour les administrations, ainsi que la constitution d’un groupe d’experts indépendants comprenant une représentation citoyenne, habilité à gérer le patrimoine arboré ;
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Nous demandons également un renforcement réel des outils juridiques de protection, une meilleure prévention des abattages évitables, ainsi que des mécanismes contraignants pour les acteurs qui détruisent le vivant sans justification suffisante, ceci notamment par le renforce-ment contraignant de l’application de la motion d’urgence climatique et environnementale adoptée par les 19 communes ;
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Enfin, et surtout, nous demandons un changement de paradigme : considérer l’arbre non comme un élément paysager décoratif ou accessoire, mais bien comme un être vivant, une infrastructure essentielle à protéger au même titre que les autres biens communs.
En ce sens, nous souhaitons également vous adresser une série de questions :
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Où en sont les initiatives annoncées d’élaboration d’un inventaire consolidé des arbres en Région bruxelloise, incluant les arbres régionaux, communaux et privés ?
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Quel est le plan de la Région pour suivre les plantations, compensatoires ou supplémentaires sur l’ensemble de son territoire ? Quel processus sera mis en place ? Quel rapportage ?
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Quelles mesures la Région entend-elle prendre pour mieux intégrer les données relatives aux abattages illégaux, aujourd’hui peu signalés et non consolidés de manière publique ?
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La Région envisage-t-elle d’imposer une logique d’évitage prioritaire, avant toute autorisation d’abattage ? Qu’est-il prévu pour que les fonctionnaires communaux et régionaux puissent prendre leurs décisions en ce sens ?
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Quelles mesures concrètes garantissent la protection des arbres lors des chantiers (régionaux, communaux, privés), via des prescriptions uniformes et contrôlées à l’échelle régionale ? Le règlement R5 de Bruxelles Mobilité sera-t-il généralisé et rendu obligatoire pour toutes les institutions ?
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La Région compte-elle étendre à l’ensemble des communes l’initiative de Bruxelles Mobilité qui a inscrit ses quelque 30.000 arbres vivants en gestion dans la base de données des impétrants (KLIMM-CICC) ? Cette action offrirait aux arbres urbains une protection administrative : leurs racines seraient ainsi considérées à travers tout le territoire au même titre que les conduites de gaz.
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Enfin, quel mécanisme la Région compte-t-elle mettre en place pour soutenir le travail de terrain des Communes, sachant qu’elles gèrent 65 % des arbres « publics » ?
Pour conclure, nous ne sommes pas venues pour dénoncer sans offrir de propositions concrètes, nous sommes ici parce que nous connaissons le terrain, parce que nous suivons les dossiers et parce que nous savons qu’il est encore possible d’agir. Mais agir suppose du courage politique, une volonté d’arbitrage et la mise en place d’outils réellement contraignants. À défaut, la perte du patrimoine arboré continuera avec des conséquences exponentielles pour l’ensemble des Bruxellois.
Nous vous demandons d’ouvrir un chantier concret, mesurable et rapide, à la hauteur de l’enjeu et de l’urgence, car protéger nos arbres c’est protéger notre ville, ses habitants et son avenir. Pour ce faire, nous demandons aussi un changement de logique qui englobe le passage d’un mode de gestion trop souvent fondée, jusqu’à présent, sur une logique de destruction et de compensation, à un mode de gestion fondée en priorité sur la prévention, la protection, la préservation et l’anticipation : car nous vous rappelons qu’un arbre planté aujourd’hui mettra à minima 15 ans à déployer ses bénéfices écologiques, si tant est qu’il survive aux épisodes caniculaires.
Nous vous remercions pour votre attention.
Anne Bonew – Joëlle Verbockhaven – pour le collectif HELP4Trees
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